Aurélien Tchouaméni va découvrir son nouveau sélectionneur. Appelé pour la première fois par Zinédine Zidane à l'occasion du rassemblement de novembre, le milieu de terrain du Real Madrid arrive à Clairefontaine dans la meilleure forme possible, après plusieurs semaines de montée en puissance au Real Madrid sous les ordres de José Mourinho.
Le Français avait manqué le tout premier rassemblement de la saison bleue, fin septembre, alors qu'il revenait tout juste d'une blessure aux adducteurs contractée en club. Plutôt que de forcer un retour précipité, il avait mis à profit cette coupure pour travailler individuellement, entre Dubaï et Madrid, avec un seul objectif : retrouver sa pleine forme physique avant d'enchaîner les matchs à haute intensité.
Ce travail de fond a payé. Depuis ce rassemblement manqué, Tchouaméni n'a cessé de monter en régime avec le Real, au point de livrer fin octobre une performance XXL lors du Clasico remporté par les Madrilènes à Barcelone — l'un des matchs les plus exigeants du calendrier espagnol, et une référence pour mesurer où en est vraiment un milieu de terrain.
Cette progression doit beaucoup à la relation construite avec José Mourinho depuis l'arrivée du technicien portugais sur le banc merengue. En début de saison, alors que le Français n'était pas encore à 100% à cause de ses adducteurs, Mourinho et son staff avaient fait le choix de lui laisser tout le temps nécessaire pour se soigner correctement, sans précipiter son retour en compétition.
Ce traitement a visiblement scellé une relation de confiance. Comme il l'avait déjà fait avec Didier Deschamps, Carlo Ancelotti, Xabi Alonso puis Alvaro Arbeloa, Tchouaméni s'est rapidement imposé comme un titulaire indiscutable dans l'entrejeu madrilène. José Mourinho lui accorde aujourd'hui une confiance totale, et les deux hommes échangent très régulièrement sur le plan tactique au quotidien.
Ces discussions ont même débouché sur un changement d'approche dans l'utilisation du joueur. Mourinho a acté qu'Aurélien Tchouaméni s'exprime mieux lorsqu'il est associé à un profil technique complémentaire au sien, à l'image d'Arda Güler ou de Bernardo Silva, plutôt que dans un double pivot avec Federico Valverde. Les deux Madrilères ne s'étaient pas montrés à leur avantage lorsqu'ils évoluaient ensemble au milieu en tout début de saison.
Bonne nouvelle pour l'ambiance du vestiaire merengue : la relation entre l'Uruguayen et le Français s'est depuis nettement fluidifiée, malgré ce passage compliqué partagé sur le terrain. Un point suffisamment notable pour avoir fait l'objet de plusieurs échanges publics entre les deux joueurs ces dernières semaines.
Reste désormais à savoir dans quel rôle Zinédine Zidane compte utiliser son récupérateur pour les deux échéances de Ligue des nations qui arrivent. Interrogé sur la question, le sélectionneur s'est pour l'instant gardé de trancher à l'avance : "Il y a deux matchs à venir, et ce sera à moi de faire mes choix en fonction de ce que je veux voir", a-t-il indiqué, visiblement satisfait de voir Aurélien Tchouaméni "de nouveau opérationnel" après ses pépins physiques du début de saison.
Le calendrier réserve d'ailleurs un symbole appuyé à ces retrouvailles. Les Bleus se déplaceront d'abord à Milan jeudi pour défier l'Italie, avant de recevoir la Turquie dimanche à Bordeaux — une ville qui n'est pas neutre pour les deux hommes. C'est là que tout a commencé pour Aurélien Tchouaméni, passé par le centre de formation des Girondins avant de s'envoler pour Monaco puis le Real Madrid. Et c'est aussi à Bordeaux que Zinédine Zidane lui-même a explosé aux yeux du grand public, au début des années 1990.
De quoi donner un relief particulier à ce premier contact entre le champion du monde 98 devenu sélectionneur et le milieu de terrain qu'il va falloir intégrer dans son projet, à quelques jours seulement d'un double rendez-vous de Ligue des nations à enjeu pour les Bleus.