Vingt-cinq voix de plus dans l'escarcelle de Gianni Infantino. Ce vendredi soir, l'Union caribéenne de football (CFU) a officiellement annoncé son soutien collectif à la réélection du président de la Fifa, prévue lors du congrès du 18 mars 2027 à Rabat. Une nouvelle étape dans une campagne qui, à cinq mois de l'échéance, tourne déjà très largement à l'avantage du dirigeant italo-suisse.
"À l'issue d'un processus formel de consultation et d'approbation impliquant ses associations membres, les 25 associations membres de la CFU affiliées à la Fifa ont exprimé leur soutien collectif à la réélection de Gianni Infantino à la présidence de la Fifa lors des prochaines élections présidentielles de 2027", a écrit la confédération caribéenne dans un communiqué officiel publié vendredi soir.
Cette annonce confirme une dynamique entamée dès le mois dernier, lorsque la Confédération asiatique de football avait été la première grande instance continentale à promettre ses voix au président sortant. Entre l'Asie et désormais les Caraïbes, Infantino consolide un socle de soutiens qui s'ajoute à l'appui déjà acquis de l'ensemble des fédérations africaines, évoqué début octobre par plusieurs sources proches du dossier. Selon un décompte alors réalisé, le président sortant approchait déjà les 90 à 95 voix sur les 106 nécessaires à sa réélection, un seuil qui semble aujourd'hui encore plus facilement atteignable.
À la tête de l'instance dirigeante mondiale du football depuis 2016, Gianni Infantino, 56 ans, reste donc le grand favori de cette élection, et ce malgré les turbulences traversées ces derniers mois. Le projet, depuis avorté, de création d'une société commerciale ouverte à des investisseurs privés avait notamment suscité de vives critiques en interne, tout comme les révélations d'une enquête conjointe du Monde et du New York Times début novembre, selon laquelle la Fifa aurait réglé l'intégralité des impôts américains de son président entre 2024 et 2026, pour un montant évalué à environ 3,6 millions d'euros.
Dans son communiqué, la CFU n'a d'ailleurs pas manqué de glisser un point de vigilance, en filigrane de ces polémiques récentes. "Dans le même esprit, la CFU continue de plaider pour une transparence accrue, une bonne gouvernance et des réformes significatives au sein de la famille du football", a précisé la confédération, qui dit vouloir que l'instance "continue de renforcer la responsabilité, de maintenir les normes de gouvernance les plus élevées et de poursuivre les réformes nécessaires pour garantir que chaque association membre soit équitablement représentée et prise en compte".
Pour justifier son choix, l'Union caribéenne a mis en avant le bilan sportif et économique du mandat Infantino plutôt que la seule loyauté politique. "La CFU reconnaît les initiatives de développement de la Fifa, notamment les investissements dans les infrastructures du football, les programmes techniques, les compétitions, le football des jeunes et féminin, et le renforcement des capacités institutionnelles", a-t-elle justifié, rappelant au passage que ses 25 associations membres fonctionnent avec des ressources financières et humaines souvent très limitées.
La confédération insiste sur l'enjeu que représente, pour ces petites fédérations, la poursuite des programmes de développement engagés sous l'ère Infantino : "L'importance de veiller à ce que le prochain cycle de développement apporte des avantages durables à ses associations membres" a ainsi pesé lourd dans la décision collective, selon le communiqué.
La CFU a également tenu à souligner le caractère démocratique de sa prise de position, dans un contexte où la gouvernance de la Fifa reste scrutée de près par une partie de la presse internationale. "La CFU souligne qu'elle a déterminé sa position collective en consultation avec ses associations membres, ce qui reflète l'importance de la transparence, de la prise de décision collective et du respect de la voix de ses membres", a conclu la confédération dans son communiqué.
Reste que cette avalanche de soutiens continentaux ne clôt pas totalement le débat sur la gouvernance de l'instance mondiale. Aleksander Ceferin, président de l'UEFA et fer de lance d'une partie de la fronde contre Infantino aux côtés de la Concacaf et de l'AFC, avait lui-même annoncé début octobre qu'il briguerait un quatrième mandat à la tête de l'UEFA, consolidant sa position de principal contre-pouvoir face à la Fifa dans les mois à venir.
À ce stade, aucun candidat crédible ne s'est pourtant déclaré pour affronter Gianni Infantino le 18 mars prochain à Rabat. Nasser Al-Khelaïfi avait décliné l'idée d'une candidature, tout comme Victor Montagliani ou le cheikh Salman bin Ebrahim Al Khalifa, laissant le président sortant filer vers un troisième mandat quasiment sans opposition organisée, porté par un alignement de plus en plus large des confédérations continentales.