Fenerbahçe a tranché. Le club stambouliote a officialisé mardi soir la nomination d'Emre Belözoğlu comme nouvel entraîneur, un peu plus d'une semaine après la démission d'Ismail Kartal. Une décision qui ramène sur le banc l'un des visages les plus populaires de l'histoire récente du club, et qui a aussitôt enflammé les réseaux sociaux des supporters jaune et bleu.
Le départ de Kartal avait été précipité par une défaite douloureuse dans le derby intercontinental face à Galatasaray (2-1), fin octobre, dans un contexte déjà tendu pour un club habitué à jouer les premiers rôles en Süper Lig. Plutôt que de se tourner vers un profil extérieur, la direction de Fenerbahçe a choisi la carte de la continuité affective en rappelant l'une de ses légendes.
À 46 ans, Emre Belözoğlu n'est pas un inconnu du Kadıköy. L'ancien milieu de terrain, fort de 101 sélections avec la Turquie, a porté le maillot de Fenerbahçe à trois reprises durant sa carrière de joueur : entre 2008 et 2012, puis de 2013 à 2015, avant un dernier passage lors de la saison 2019-2020. Un attachement rare, qui en fait une figure quasiment intouchable auprès des socios du club.
Un homme qui connaît déjà le banc de Fenerbahçe
Belözoğlu n'est pas non plus un novice sur ce banc précis. C'est justement à Fenerbahçe qu'il avait fait ses grands débuts d'entraîneur en 2021, assurant un intérim de dix rencontres. Le bilan de ce court passage est éloquent : sept victoires, deux nuls et une seule défaite, un ratio qui avait déjà convaincu une large partie du club de ses qualités sur le banc, bien au-delà de son statut de légende.
Depuis, l'ancien international avait poursuivi sa carrière de technicien ailleurs en Turquie, avec plus ou moins de réussite selon les postes occupés. Il dirigeait Kasimpasa depuis décembre 2025, un club qu'il quitte donc aujourd'hui pour retrouver l'un des plus grands clubs du pays, avec la mission explicite de stabiliser une équipe secouée par le départ de Kartal.
Un contrat de 18 mois, mais une prise de fonctions différée
Selon les informations officielles communiquées par le club, Belözoğlu a signé un contrat courant jusqu'à mi-2028, soit environ dix-huit mois d'engagement. De quoi lui laisser le temps de construire un projet sur la durée, loin de la pression d'un simple pompier de service.
Mais l'histoire ne s'écrit pas tout de suite. Sa prise de fonctions effective n'est pas immédiate : c'est l'ancien international néerlandais Dirk Kuyt, en poste depuis le départ de Kartal, qui continue d'assurer l'intérim sur le banc stambouliote. Pour sa première sortie à la tête de l'équipe, Kuyt s'était incliné à domicile face à Göztepe (1-2) en championnat, un résultat qui n'a fait qu'accélérer la nécessité de stabiliser le projet sportif.
Un rendez-vous européen majeur avant la transition
Le timing est particulièrement serré pour le club turc. C'est en effet toujours sous la houlette de Dirk Kuyt que Fenerbahçe doit affronter ce mercredi soir Liverpool, à domicile, pour le compte de la Ligue des champions. Une affiche de prestige et un vrai test pour une équipe fragilisée mentalement par les derniers résultats, avant que Belözoğlu ne prenne officiellement les commandes dans les prochains jours.
L'enjeu dépasse le simple symbole : un bon résultat face aux Reds permettrait à Kuyt de transmettre un vestiaire en confiance à son successeur, quand une nouvelle désillusion européenne ajouterait encore de la pression sur une intersaison déjà agitée pour le club stambouliote.
Une mission claire : retrouver de la stabilité
Au-delà du symbole sentimental de son retour, Emre Belözoğlu héritera d'un groupe qui a besoin d'être rassuré rapidement, tant en championnat qu'en Ligue des champions. Sa connaissance intime du club, de son vestiaire et de ses exigences devrait jouer en sa faveur pour emporter l'adhésion rapide des joueurs comme des supporters, qui l'ont déjà accueilli en héros sur les réseaux du club.
Reste à transformer cet accueil chaleureux en résultats concrets sur le terrain, dans un championnat turc aussi exigeant que disputé, où Fenerbahçe ne peut se permettre de rester trop longtemps éloigné du haut de tableau.