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Jorge Jesus se défend après la retraite de Ronaldo : "Je ne me sens coupable de rien"

Jorge Jesus se défend après la retraite de Ronaldo : "Je ne me sens coupable de rien"

Un mois après la fracassante sortie de Cristiano Ronaldo du rassemblement portugais, puis sa retraite internationale annoncée jeudi dans une vidéo postée sur les réseaux sociaux, Jorge Jesus a enfin dû répondre directement aux questions de la presse. En conférence, vendredi, à la veille d'annoncer sa liste pour les deux derniers matchs de qualification du Portugal, le sélectionneur lusitanien a été longuement interrogé sur son rôle dans le départ du quintuple Ballon d'Or — et il n'a pas cherché à se dérober, sans pour autant reconnaître une quelconque responsabilité.

"Peut-être ai-je précipité les choses, mais ce n'est pas de mon fait", a lâché Jorge Jesus, avant d'ajouter : "Il avait en tête que, peu importe le nombre de convocations, cela finirait par arriver. Et que cela se produirait forcément sous mon mandat. Je ne me sens coupable de rien concernant son départ." Une formule qui résume bien la ligne de défense adoptée par le technicien portugais depuis l'annonce : respecter la décision de Ronaldo sans l'endosser.

Jorge Jesus a également révélé un détail resté jusque-là dans l'ombre : il n'a jamais directement échangé avec Cristiano Ronaldo depuis l'officialisation de sa retraite. "Je n'ai pas parlé à Ronaldo parce que j'envisageais de l'appeler. À partir de ce moment-là, j'aurais le temps de lui parler", a-t-il expliqué, avant de préciser que cet appel n'a, pour l'instant, jamais eu lieu. Une absence de communication qui tranche avec l'amitié revendiquée par le sélectionneur, qui avait dirigé Ronaldo pendant une saison à Al-Nassr avant de prendre les rênes de la sélection portugaise.

Relancé sur les raisons exactes de la volte-face de CR7 — qui avait pourtant écarté l'idée d'une retraite internationale au moment de son départ houleux du rassemblement fin septembre — Jorge Jesus a reconnu ne pas les connaître avec certitude. "Il faut lui demander... Ce dont je suis absolument certain, c'est que Cris a travaillé avec moi pendant un an. Nous étions heureux dans notre club, nous étions champions. Je respecte sa décision. J'ignore pourquoi il a fait ce choix. Ce que je sais, c'est qu'il savait que son heure approchait, c'était à lui de choisir. Et il a choisi", a-t-il détaillé, visiblement agacé par l'insistance des journalistes sur le sujet.

Le sélectionneur a d'ailleurs fini par couper court aux relances : "Nous revenons encore sur le même sujet. Je ne parle plus de ce sujet [...] Le sujet, ce sont ces 28 joueurs et la décision de Cristiano, que nous devons tous respecter. C'est un symbole." Une manière de clore le chapitre tout en rappelant, une nouvelle fois, qu'il ne nourrit "aucune animosité" envers l'attaquant de 41 ans et que toutes ses décisions, y compris sa non-sélection controversée de septembre, "ont été prises dans l'intérêt de l'équipe".

Interrogé sur une éventuelle remise en cause du rôle du président de la Fédération portugaise de football, qui aurait été informé en amont de l'annonce de Ronaldo, Jorge Jesus a préféré ne pas s'avancer : "Concernant la situation du président, étant donné que je suis sélectionneur et manager de l'équipe nationale, je ne me prononcerai pas sur ce qu'il peut ou doit faire. C'est hors de question." Une prudence qui illustre la volonté du technicien de ne pas transformer un sujet déjà sensible en polémique institutionnelle supplémentaire.

Au-delà de la gestion de "l'affaire Ronaldo", la conférence de presse a aussi permis à Jorge Jesus d'annoncer un changement concret dans l'organigramme de son vestiaire : la nomination de cinq nouveaux capitaines, chargés de se partager le brassard désormais laissé vacant. "En sélection, ils sont choisis en fonction de leur nombre de sélections. À l'heure actuelle, ils sont cinq à en compter le plus", a-t-il expliqué, avant de citer, "pas forcément dans cet ordre" : Bernardo Silva, Rúben Dias, João Cancelo, Rúben Neves et Bruno Fernandes.

Jorge Jesus n'a pas manqué de souligner, avec une certaine fierté, un point commun entre ces cinq joueurs : "Curieusement, ils ont tous été mes joueurs dans les clubs que j'ai entraînés." Un clin d'œil à son propre parcours sur les bancs portugais et brésiliens, où il a croisé la route de plusieurs de ces internationaux avant de prendre la tête de la Seleção.

Cette prise de parole intervient à un moment charnière pour le Portugal, qui doit disputer deux rencontres décisives de qualification, face à l'Irlande et à la Hongrie, dans les prochaines semaines, sans son capitaine historique pour la première fois depuis plus de deux décennies. Jorge Jesus devra composer avec un vestiaire en pleine reconfiguration, où le leadership ne repose plus sur un seul homme mais sur ce collectif de cinq cadres désignés.

Reste que le feuilleton Ronaldo-Jesus, loin de s'éteindre avec l'annonce de la retraite, continue d'alimenter la presse portugaise. Les questions sur un éventuel manque d'anticipation du sélectionneur, ou sur la gestion de la fin de la suspension de 30 jours infligée à l'attaquant fin septembre, devraient continuer à planer sur le mandat de Jorge Jesus tant qu'un geste d'apaisement direct entre les deux hommes ne sera pas officialisé.

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