Arsenal a frappé un grand coup ce dimanche à Anfield. Dominés dans le jeu par un Liverpool séduisant et entreprenant, les Gunners ont pourtant fait la loi sur le plan comptable en s'imposant 0-1 dans l'un des chocs les plus attendus de cette 9e journée de Premier League. Un succès qui permet à la bande de Mikel Arteta de récupérer la tête du championnat, trois points devant Manchester City, battu la veille par Brighton.
Le scénario du match a été écrit dès le quart d'heure de jeu. Sur un centre de Declan Rice, Kai Havertz a surgi au second poteau pour ouvrir le score d'une reprise précise, catapultant Alisson au sol. Un but synonyme d'électrochoc pour les Reds, qui n'allaient plus revoir le chemin des filets malgré une débauche d'efforts impressionnante jusqu'au bout du temps additionnel.
Les statistiques de la rencontre racontent à elles seules l'ampleur du paradoxe. Liverpool a dominé la possession (56% contre 44%), multiplié les séquences offensives et terminé la rencontre avec 17 tentatives au but... pour un seul petit problème de taille : aucune n'a trouvé le cadre. Face à une défense des Gunners solide, portée notamment par un excellent Jacquet, auteur d'un match plein dans les duels comme à la relance, les Reds se sont cassé les dents sur un Arsenal appliqué, patient et redoutablement efficace dans ses rares incursions (3 tirs cadrés sur la rencontre).
Le gardien David Raya n'a lui-même eu que deux arrêts à effectuer, mais a fait le travail avec sérieux, notamment en fin de rencontre sur une tentative lointaine de Szoboszlai. En face, Alisson a lui multiplié les parades pour maintenir l'espoir des siens, avec une envolée spectaculaire pour détourner une reprise de volée signée Christian Tzolis après un service millimétré de Noni Madueke, scène la plus chaude de la seconde période pour les Gunners.
Mikel Arteta a géré la fin de match avec sang-froid, multipliant les changements défensifs pour casser le rythme imposé par des Reds de plus en plus pressants. Les entrées de Piero Hincapié et Viktor Gyökeres dans le dernier quart d'heure, en lieu et place de Tzolis et du buteur Havertz, ont permis aux Gunners de gérer leur avance sans trembler, malgré six minutes de temps additionnel accordées et un Anfield poussant ses joueurs jusqu'au bout.
Ce succès a une saveur particulière pour Arsenal, qui n'avait plus gagné sur la pelouse de Liverpool en Premier League depuis la saison 2012-2013. Treize déplacements consécutifs sans la moindre victoire (5 nuls, 8 défaites) avant ce dimanche : la série est désormais terminée, et au meilleur moment de la saison pour les Londoniens.
Car au classement, l'addition est cruelle pour les deux équipes concernées différemment. Liverpool, déjà distancé dans la course au podium, manque une occasion en or de recoller aux premières places et voit son début de saison compliqué se prolonger. De son côté, Arsenal enchaîne un nouveau résultat fort dans un sommet et prend provisoirement les commandes de la Premier League, avec trois longueurs d'avance sur Manchester City, surpris la veille par Brighton (défaite des Citizens).
Cette victoire confirme surtout une tendance de fond chez les Gunners cette saison : une équipe capable de gagner sans forcément dominer, grâce à une assise défensive parmi les plus solides du championnat et une efficacité clinique dans les grands rendez-vous. Un profil qui rappelle les plus belles heures des équipes championnes d'Angleterre, et qui commence à faire son effet dans la tête des concurrents.
Pour Liverpool, l'addition est plus amère. Au-delà du résultat, c'est l'inefficacité offensive qui interroge : 17 frappes sans qu'aucune ne cadre le but adverse est une statistique rarissime à ce niveau, symptôme d'une équipe qui produit du jeu sans parvenir à transformer sa domination en buts. Le promoteur de rotation a tenté de réagir avec un triple changement offensif en seconde période, sans succès.
Prochaine étape pour les deux équipes : confirmer ou rebondir lors de la trêve internationale qui approche, avant une suite de calendrier chargée où la lutte pour le titre promet d'être disputée jusqu'au bout entre Arsenal, Manchester City et les autres prétendants. Un money-time anticipé dès le mois de novembre.