Anfield a vécu une rencontre à cent à l'heure ce dimanche, pour un choc qui pèse lourd dans la course au titre. Trois jours après la défaite surprise de Manchester City face à Brighton, Arsenal avait l'occasion de prendre la tête de la Premier League en cas de victoire ou de match nul chez le champion en titre. Et les Gunners ont fait le nécessaire pour y parvenir, en résistant jusque dans le temps additionnel à un Liverpool porté vers l'avant pendant la quasi-totalité de la rencontre.
L'ouverture du score est tombée dès la 16e minute, sur une action rondement menée. Tout part d'une approximation du gardien liverpuldien Alisson, dont le dégagement est repris côté droit par Declan Rice. L'ancien milieu de West Ham déroule un centre précis vers le second poteau, où Kai Havertz, resté libre, n'a plus qu'à pousser le ballon au fond des filets pour donner l'avantage aux siens.
Dos au mur après ce coup dur, Liverpool a passé l'essentiel de la première période à pousser pour recoller au score, sans succès. Alexander Isak a d'abord buté sur un énorme arrêt réflexe de David Raya à la 28e minute sur une tête rentrante après un corner de Van Dijk. Douze minutes plus tard, Florian Wirtz a cru avoir trouvé la faille sur un coup franc parfaitement enroulé depuis la limite de la surface : le ballon a terminé sa course sur la barre transversale du portier espagnol, impuissant mais sauvé par ses montants.
Le second acte n'a pas changé de scénario. Liverpool a continué à pousser, Arsenal à défendre avec abnégation, et un nouvel arrêt exceptionnel est venu confirmer la physionomie du match : à la 74e minute, sur un enchaînement parfait entre Madueke et Tzolis dans la surface, Alisson s'est détendu de tout son long pour sortir une frappe enroulée pourtant parfaitement ajustée. Les minutes suivantes ont été marquées par une montée de tension palpable entre les deux équipes, avec plusieurs cartons distribués à la suite d'un accrochage entre Mac Allister et Timber.
Sur le plan tactique, Mikel Arteta n'a pas hésité à multiplier les changements pour casser le rythme imposé par les Reds et préserver l'avantage des siens, à l'image des entrées de Hincapié et Gyökeres à dix minutes du terme. En face, Marco Iraola a lui aussi tenté le tout pour le tout avec un triple changement offensif, sans parvenir à transpercer un bloc défensif arsenalien particulièrement solide tout au long de la rencontre.
Les statistiques de la rencontre racontent un scénario presque paradoxal : Liverpool a largement dominé la possession (56% contre 44%) et les courses offensives, mais s'est montré beaucoup moins clinique qu'Arsenal dans le dernier geste, une tendance confirmée du début à la fin du match. Un contraste qui résume l'efficacité des hommes d'Arteta face à des Reds généreux mais trop brouillons devant le but adverse.
Au-delà de l'enjeu du jour, cette rencontre avait aussi une saveur particulière sur le plan historique : avant le coup d'envoi, Arsenal n'avait plus remporté la moindre victoire lors de ses 13 derniers déplacements à Anfield en Premier League (5 nuls, 8 défaites), une disette qui remontait à la saison 2012-13. En résistant jusque dans les derniers instants face aux assauts des Reds, les Gunners sont en passe de mettre fin à cette statistique qui collait à la peau du club depuis plus d'une décennie, tout en envoyant un signal fort dans la course au titre.