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Lens-Côme (9-1) : la pire humiliation d'un club français en Ligue des champions

Lens-Côme (9-1) : la pire humiliation d'un club français en Ligue des champions

Une soirée que tout le Racing Club de Lens aimerait déjà oublier. Mercredi, pour la 4e journée de Ligue des champions, les Sang et Or se sont effondrés 9-1 à domicile, à Bollaert, face au Côme de Cesc Fabregas. Un score qui aurait pu paraître surréaliste sur une feuille de match de Ligue 1 régionale, mais qui s'est bel et bien produit dans la compétition reine du football européen.

Avant le but du jeune Matteo Papacioli dans le temps additionnel (90e+2), qui a porté le score à son total final, Lens évoluait encore "seulement" à -7, au niveau du record français détenu jusque-là par le Stade Brestois, défait 7-0 au Parc des Princes en barrages retour de Ligue des champions en février 2025. Avec ce neuvième but comasque, le club artésien devient donc l'unique détenteur, et de loin, du record de la plus large défaite d'un club français dans l'histoire de la compétition — un triste record que Lens détenait déjà auparavant, avec un revers 6-0 concédé à Arsenal en novembre 2023.

L'humiliation dépasse même les frontières tricolores. En s'inclinant sur ce score, le RC Lens égale les plus lourdes défaites jamais enregistrées dans l'histoire de la Ligue des champions version poule unique (depuis 1993) : Besiktas, battu 8-0 par Liverpool en 2007, et Malmö, laminé sur le même score par le Real Madrid en 2015. Il faut remonter à 1973, et à la vieille Coupe d'Europe des clubs champions, pour trouver pire : les Nord-Irlandais de Crusaders FC, étrillés 11-0 par le Dinamo Bucarest.

Selon les données compilées par Opta, la défaite propulse même tout le football français dans une catégorie peu flatteuse : la France devient le huitième pays à encaisser neuf buts à domicile dans une compétition européenne, aux côtés de nations continentales bien moins huppées comme Andorre, Chypre, le Luxembourg, Malte, Saint-Marin, l'Islande ou la Finlande.

Sonné au coup de sifflet final, l'entraîneur lensois Yannick Cahuzac n'a pas cherché à minimiser l'ampleur du désastre en conférence de presse. "Je ne vais pas vous faire de grandes phrases ou de grandes analyses. Il y a un grand score, on est passé complètement à travers, le seul mot qui me vient en tête c'est l'humiliation, il va falloir qu'on se dise les choses et qu'on retrouve un peu de fierté", a-t-il lâché, avant d'appeler son groupe à "relever la tête" dès dimanche, pour la réception de l'OM en Ligue 1 (20h45).

Au lendemain de cette soirée cauchemardesque, c'est le directeur sportif Jean-Louis Leca qui a pris la parole dans les colonnes de L'Équipe, avec un constat sans détour. "On ne va pas se mentir, on n'est pas au niveau de la Ligue des champions. C'est comme ça mais ça ne veut pas dire que ce 9-1 est normal. Il n'est pas normal. La Ligue des champions a tendance à tendre l'atmosphère. C'est un peu comme si elle brisait notre dynamique en championnat", a-t-il analysé, citant les précédentes défaites européennes face au Sporting (2-0) et à Bruges (3-0), survenues juste après des performances solides en Ligue 1 contre l'OL et Troyes.

Leca a également tenu à couper court à toute spéculation sur l'avenir de Yannick Cahuzac, nommé à la tête de l'équipe après l'éviction de Dino Toppmöller. "Personne ne pense à partir. Ni lui, ni nous. S'il nous avait proposé sa démission ? On l'aurait refusée", a tranché le dirigeant, qui met en perspective les moyens actuels du club avec ceux de la campagne de Ligue des champions 2023-2024, où Lens avait recruté pour 66 millions d'euros à l'intersaison et disposait d'une masse salariale supérieure de 15 millions d'euros à celle de cette saison.

"Après, je comprends que des gens s'interrogent sur ce 9-1. On le vit mal, nous aussi. Ça fait partie du métier de prendre des coups comme ça", a-t-il conclu, dans un mélange de lucidité et de résignation qui tranche avec l'ampleur du séisme sportif vécu par tout un club et ses supporters.

Sur le plan comptable, cette déroute fait aussi de gros dégâts au classement de la phase de ligue, où Lens se retrouve désormais scotché dans les tréfonds du tableau, avec un calendrier qui ne s'annonce pas plus clément dans les prochaines journées. Mais c'est bien le choc immédiat contre l'OM, dimanche à Bollaert, qui occupera toutes les pensées du vestiaire artésien dans les prochains jours : l'occasion, pour des Sang et Or sonnés, de montrer que cette humiliation européenne n'a rien à voir avec leur réalité en championnat.

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