Un symptôme de plus pour un Naples en pleine crise de confiance. Mercredi, lors de la 4e journée de la phase de ligue de la Ligue des champions, le Napoli s'est lourdement incliné sur la pelouse de Porto (4-1). Et c'est en marge de cette déroute qu'un échange tendu a éclaté entre deux coéquipiers, Kevin De Bruyne et Lorenzo Lucca, sous l'œil des caméras.
Icône de Manchester City pendant une décennie, le meneur de jeu belge connaît un passage contrasté depuis son arrivée à Naples en 2025. Encore titulaire ce mercredi soir au Portugal, Kevin De Bruyne (35 ans) n'a pas existé dans le jeu de son équipe, totalement dominée par les Dragons. En fin de rencontre, sa frustration a fini par déborder.
Après une nouvelle action ratée du Napoli, le milieu offensif a partagé son agacement en interpellant directement Lorenzo Lucca, entré en jeu quelques minutes plus tôt, juste après le but du break signé par le Porto de Francesco Farioli. Mais l'attaquant italien n'a pas vraiment semblé disposé à se laisser faire. "Pourquoi tu parles", a-t-il d'abord répliqué, avant de lâcher plusieurs "Fuck off" à l'intention de son coéquipier belge, selon les éléments retranscrits par plusieurs médias transalpins, dont la Gazzetta dello Sport.
La séquence, abondamment relayée sur les réseaux sociaux, montre un échange verbal clairement houleux entre les deux hommes. Si les images ne suggèrent pas d'affrontement physique, la presse italienne précise qu'il a fallu l'intervention d'autres joueurs napolitains pour séparer le duo et ramener un peu de calme sur la pelouse, dans une ambiance déjà électrique après le but encaissé.
Cet accrochage ne surgit pas de nulle part. Il s'inscrit dans un contexte de tensions croissantes autour d'un début de campagne européenne catastrophique pour le club napolitain. Après avoir laissé entrevoir une embellie avec une victoire spectaculaire contre Bodø/Glimt (4-3), le Napoli vient d'essuyer un troisième revers en quatre journées, ce nouveau fiasco à Porto venant confirmer que cette victoire initiale n'était qu'un trompe-l'œil.
Le bilan comptable est sans appel : avec une seule victoire pour trois défaites, le Napoli de Massimiliano Allegri occupe une inquiétante 27e place du classement de la phase de ligue à l'issue de cette 4e journée. Une position qui, si elle devait perdurer, exclurait purement et simplement le club du tableau final de la compétition, loin des standards habituels d'un club qui aligne pourtant une star mondiale comme Kevin De Bruyne dans son effectif.
Le calendrier à venir n'offre pas vraiment de round de repos à l'entraîneur italien. Naples doit enchaîner avec la réception de la Lazio puis celle du Torino en Serie A, avant un déplacement particulièrement périlleux sur la pelouse de Manchester City en Ligue des champions, l'ancien club de De Bruyne. Un motif d'espoir subsiste malgré tout pour la suite de la phase de ligue : les deux dernières journées napolitaines se joueront contre Sabah et le Viking de Stavanger, deux adversaires a priori à la portée des Italiens, à condition de ne pas sombrer d'ici là.
Reste que cette altercation en dit long sur l'état d'esprit d'un vestiaire qui commence visiblement à craquer sous la pression des résultats. Pour Kevin De Bruyne, recruté pour apporter son expérience et son palmarès à un projet ambitieux, cette scène tranche avec l'image de sérénité qu'il avait pu dégager à Manchester City. Massimiliano Allegri devra rapidement recoller les morceaux, sur le terrain comme dans le vestiaire, avant que la situation ne devienne encore plus difficile à gérer.