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Le cauchemar de Leonardo Balerdi, l'ex-capitaine de l'OM qui a sabordé l'AS Rome contre Manchester United

Le cauchemar de Leonardo Balerdi, l'ex-capitaine de l'OM qui a sabordé l'AS Rome contre Manchester United

L'AS Rome a laissé filer une victoire de prestige sur la pelouse de Manchester United, mardi soir, en s'inclinant 3-2 à Old Trafford après avoir pourtant mené 0-2 jusqu'à la 83e minute. Un effondrement collectif en fin de rencontre, mais un nom revient avec insistance dans les comptes rendus italiens du lendemain : celui de Leonardo Balerdi, l'ancien défenseur central de l'Olympique de Marseille, pointé du doigt pour deux erreurs directement liées aux buts mancuniens.

Arrivé cet été en provenance de l'OM, où il portait le brassard de capitaine, sous la forme d'un prêt assorti d'une obligation d'achat, l'Argentin de 27 ans vivait jusque-là une véritable lune de miel avec son nouveau club. Ses prestations solides dans l'axe de la défense romaine, construite autour du projet de Gian Piero Gasperini, avaient été unanimement saluées par la presse transalpine depuis la reprise de la saison, loin des critiques qui avaient parfois accompagné sa fin de parcours phocéen.

Ce mardi encore, Balerdi a longtemps tenu la baraque avec aplomb face à des Red Devils portés par le public d'Old Trafford. Pendant 82 minutes, l'international argentin (13 sélections) a multiplié les interventions propres, fermant les angles et gagnant ses duels, au point que la Gazzetta dello Sport évoquera après coup "un libero à l'ancienne adapté au football moderne". Mais tout bascule en l'espace de trois minutes à peine, dans ce money time où l'AS Rome semblait pourtant sur la bonne voie pour s'offrir un succès de prestige en Ligue des champions.

Sur un centre mancunien anodin en apparence, Balerdi négocie mal son intervention et laisse filer le ballon vers Matheus Cunha, qui n'a plus qu'à ajuster sa frappe pour égaliser (2-2, 83e) sur un plateau offert. Trois minutes plus tard, rebelote : une passe mal jugée de l'Argentin est interceptée par l'attaquant brésilien, qui s'en va cette fois offrir la victoire aux hommes de Michael Carrick (3-2, 86e). Deux actions quasi identiques, deux sanctions immédiates, et une Rome sonnée qui ne s'en remettra pas.

Gasperini tempère, la presse italienne beaucoup moins

Interrogé à l'issue de la rencontre, Gian Piero Gasperini a refusé de faire porter l'intégralité de la responsabilité de cette défaite à son défenseur. "On a clairement commis une erreur sur le deuxième but, ce qui nous a empêchés d'obtenir le résultat, mais il faut aussi qu'on analyse ce qu'on doit améliorer en deuxième mi-temps", a expliqué le technicien romain, préférant pointer un relâchement collectif plutôt qu'une faute individuelle isolée.

La presse sportive italienne, elle, s'est montrée nettement moins indulgente dans ses notations du lendemain matin. Le Corriere dello Sport inflige un sévère 4 sur 10 à Balerdi, résumant sa prestation en une formule sans appel : "Il gâche 82 minutes de combat, de leadership et de qualité avec une incroyable erreur technique qui offre à United le but de l'égalisation, puis celui du K.-O. Des bévues fatales." La Repubblica se montre tout aussi lapidaire, avec la même note de 4 : "Sa bévue sur le 2-2 est aussi inconcevable qu'inadmissible. Il a aussi ses torts sur le 3-2."

Entre ces deux sanctions sévères, la Gazzetta dello Sport (4,5) adopte un ton plus nuancé en reconnaissant la prestation réussie de l'Argentin jusqu'à l'entame du money time, tout en relevant des signes avant-coureurs de fébrilité : "Quelques bonnes interventions, mais il manque ses anticipations : il se sauve d'abord, puis est épargné par le double poteau de Mbeumo. Une fin de match cauchemardesque : il offre le ballon de l'égalisation et se fait piéger sur le 3-2." Seul Il Messaggero lui accorde la moyenne (5), saluant un défenseur qui "ferme, récupère, contrarie" pendant l'essentiel de la rencontre avant cette "grossière bévue".

Au-delà du cas individuel de Balerdi, cette défaite interroge sur la capacité de l'AS Rome à gérer les fins de match serrées dans les grandes compétitions européennes, un vieux défaut qui ressurgit au pire moment face à une équipe anglaise en délicatesse mais qui a su profiter du moindre relâchement adverse. Pour l'ancien capitaine marseillais, l'enjeu des prochaines semaines sera désormais de digérer rapidement cet épisode pour ne pas voir sa belle intégration en Serie A et en Ligue des champions ternie par ces trois minutes cauchemardesques à Old Trafford.

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