Au lendemain d'une soirée cauchemardesque à la Céramique, Villarreal cherche encore à comprendre comment son équipe a pu s'effondrer à ce point face au Paris Saint-Germain. Battu 6-0 lors de la quatrième journée de la phase de ligue de la Ligue des champions, le sous-marin jaune encaisse sa plus lourde défaite de la saison, et l'un de ses joueurs a choisi de parler plutôt que de se cacher derrière le silence habituel des lendemains de déroute.
Alberto Moleiro, 23 ans, entré en jeu en fin de rencontre, a livré un constat sans détour au micro de Movistar, repris par le quotidien espagnol As. "C'est un jour triste, rien n'a fonctionné. Nous avons travaillé sur le pressing et sur la manière de leur faire mal. Ils s'en sont sortis avec une grande facilité. Nous encaissons des buts rapidement, ce qui complique tout", a-t-il reconnu, avant d'ajouter sobrement : "Peu de mots à dire, il faut apprendre et s'améliorer pour que cela ne se reproduise plus."
Le scénario du match explique l'ampleur du choc. Dès les vingt premières minutes, le PSG a inscrit quatre buts — par Neves (9e), Désiré Doué (11e), Senny Mayulu (13e) puis Fabian Ruiz (17e) — signant le meilleur début de match de l'histoire de la compétition. Moleiro, encore sur le banc à ce moment-là, a vu ses coéquipiers totalement dépassés, incapables de sortir le ballon proprement face au pressing parisien. Entré ensuite, l'ailier espagnol a toutefois été présent sur la pelouse lors du sixième et dernier but, inscrit par le tout jeune David Boly (17 ans), pour sa première réalisation chez les professionnels.
"Rien n'a fonctionné, du plan de jeu jusqu'à notre attitude, qui n'a pas été bonne", a insisté Moleiro, avant de livrer une déclaration rare dans le monde du football professionnel : "Il faut présenter nos excuses, car le public, lui, a été irréprochable." Une manière d'assumer collectivement la responsabilité de l'effondrement, plutôt que de rejeter la faute sur l'adversaire ou sur un concours de circonstances.
Le milieu offensif est revenu une dernière fois sur la physionomie du match pour pointer ce qui, selon lui, a fait la différence : "Ils nous ont dominés dans l'attitude, et c'est ce que nous pouvons nous reprocher le plus." Une lecture qui rejoint celle de plusieurs observateurs en Espagne, où la presse a unanimement salué la supériorité physique et mentale affichée par les Parisiens dès l'entame de la rencontre.
Pour Villarreal, cette défaite a des conséquences sportives immédiates. Le club de la Comunitat Valenciana enregistre son troisième revers en quatre journées de cette nouvelle phase de ligue et pointe provisoirement à la 29e place du classement général, une position inconfortable qui l'éloigne nettement d'une qualification directe pour les huitièmes de finale, voire des barrages d'accès. Il faudra une fin de phase de ligue quasi parfaite pour espérer inverser la tendance.
De son côté, le PSG confirme une stature de favori que peu d'équipes en Europe semblent aujourd'hui en mesure de contester. Avec cette quatrième victoire en quatre matchs, le club parisien reste leader de la phase de ligue et envoie, selon les mots employés dans la presse européenne au lendemain de la rencontre, un "message effrayant" au reste du continent. Pour Villarreal, à l'inverse, l'enjeu est désormais de se relever rapidement avant d'affronter d'autres adversaires directs dans la course à la qualification.
Ce type de prise de parole publique, en zone mixte ou au micro d'un diffuseur immédiatement après un match aussi lourd, reste rare chez les joueurs encore en activité. Beaucoup préfèrent s'en tenir à des formules convenues sur la nécessité de "retenir les leçons" sans jamais aller jusqu'à présenter des excuses explicites au public. L'attitude de Moleiro, qui endosse une part de responsabilité collective au nom du vestiaire, tranche avec cette prudence habituelle et pourrait marquer les esprits à Villarreal dans les prochains jours.
Reste à savoir comment l'entraîneur Marcelino et le reste de l'effectif vont transformer ce constat en réaction sportive concrète. La prochaine sortie européenne du sous-marin jaune s'annonce comme un test immédiat de cette capacité à rebondir, dans une compétition où chaque point compte déjà pour espérer éviter une élimination précoce.