Une statistique qui en dit long sur la traversée du désert européenne d'un club pourtant habitué aux joutes continentales. Battu 1-2 par Arsenal mercredi lors de la 4e journée de la phase de ligue de la Ligue des champions, le Slavia Prague a officiellement égalé le plus long parcours sans victoire de l'histoire de la Coupe d'Europe, toutes compétitions confondues depuis 1955 : 23 matchs sans le moindre succès.
Ce triste record colle à la peau du club tchèque depuis ses tout premiers pas dans la compétition reine, en 2007. Avant d'affronter les Gunners, le Slavia savait pertinemment qu'une défaite l'enverrait directement égaler cette série noire — et c'est exactement ce qui s'est produit à la Fortuna Arena de Prague, devant son propre public.
Le scénario du match n'a pourtant rien eu de surprenant au vu de la physionomie des deux équipes avant le coup d'envoi. Les deux formations abordaient en effet la rencontre avec des dynamiques radicalement opposées : Arsenal n'avait plus connu de défaite lors d'un déplacement européen depuis mai 2025, quand le Slavia cherchait justement à éviter d'égaler cette série de 23 matchs sans victoire.
Sans surprise, la rencontre a tourné en faveur des Londoniens dès les premières minutes. Sur une mauvaise relance d'Oskar Kubiak, Viktor Gyökeres a remisé le ballon en profondeur pour Noni Madueke, qui s'est engouffré dans la surface, a résisté au retour de son défenseur et a glissé le ballon sous le gardien Nazar Domchak dès la 9e minute.
Dominateurs pendant toute la première période, les Gunners ont multiplié les occasions par l'intermédiaire de Mikel Merino, avant de trouver le but du break à la 38e minute. Une récupération haute de Merino a lancé Declan Rice, qui a trouvé Gyökeres : l'attaquant suédois a combiné en une-deux avec son coéquipier espagnol avant d'enrouler une frappe sous un angle fermé, imparable pour le gardien tchèque.
Le Slavia Prague est revenu des vestiaires avec de meilleures intentions en seconde période, poussant notamment par l'intermédiaire de Kubiak et d'Emmanuel Ayaosi, sans toutefois inquiéter sérieusement David Raya. Arsenal a géré la fin de rencontre avec un peu plus de parcimonie, non sans quelques frayeurs : Gabriel a dû sauver sur sa ligne devant Mojmir Chytil, avant que Raya ne réalise un arrêt déterminant à sept minutes du terme face à Kubiak.
Le scénario a finalement connu un rebondissement dans le temps additionnel. À la 90e minute, un centre de Jurasek a traversé toute la défense londonienne pour trouver Wiktor Nowak, qui a eu le temps de reprendre dans un but abandonné par David Raya, réduisant l'écart à 2-1. Une maigre consolation pour les Tchèques, incapables de trouver l'égalisation dans les ultimes secondes malgré une pression désespérée.
Pour Arsenal, cette victoire acquise avec solidité et un soupçon de frayeur en fin de match permet au club de grimper à la 3e place du classement de la phase de ligue, avec 10 points pris en quatre journées. Elle marque surtout un nouveau jalon statistique pour le club londonien : un dixième match consécutif sans défaite à l'extérieur en Ligue des champions, du jamais-vu dans l'histoire des Gunners sur cette compétition.
Pour le Slavia Prague, le constat est tout autre. Avec cette troisième défaite en quatre journées de phase de ligue, le club tchèque devra désormais composer avec le poids symbolique de ce record partagé, en espérant mettre un terme à cette série dès son prochain rendez-vous européen plutôt que de la voir s'allonger davantage.