Deuxième du Ballon d'or 2026 derrière Harry Kane, Kylian Mbappé continue de faire parler bien après la cérémonie. Pour Jean-Pierre Papin, lauréat du trophée en 1991 et désormais consultant pour RMC Sport, l'attaquant du Real Madrid n'a pas seulement perdu sur le terrain : il s'est aussi, selon lui, sabordé en coulisses par une stratégie de communication mal maîtrisée.
Invité de l'émission "Rothen s'enflamme" ce mercredi, l'ancien buteur de l'OM et de l'AC Milan a livré une analyse sans détour sur les raisons de cet échec. "La communication de Mbappé a été terrible pour lui. Elle a un peu reflété ce qu'est le personnage. C'est dommage quand on a ses qualités et quand on joue dans ce club (le Real Madrid)", a-t-il tranché, pointant une omniprésence médiatique du Français ces dernières semaines pour défendre son bilan individuel — une stratégie qui, selon Papin, a fini par jouer contre lui dans l'esprit des votants.
Pour étayer son propos, le consultant a établi un parallèle inattendu avec une autre légende du Real Madrid : "Il me rappelle un peu Cristiano Ronaldo, il fallait que les autres se mettent à son service." Une comparaison qui touche autant au style de jeu qu'à la personnalité, Papin estimant que Mbappé, à l'image du quintuple Ballon d'or portugais en son temps, place trop souvent ses propres statistiques et son propre récit au centre du collectif.
Malgré cette critique, l'ancien attaquant tricolore reste convaincu que l'histoire n'est pas terminée pour le numéro 9 madrilène. "Dans l'efficacité, il n'est pas loin de ce que faisait Cristiano Ronaldo. Mais sa campagne de communication a été un peu contre lui. Je suis persuadé qu'il aura le Ballon d'or, il a les qualités pour l'avoir. Ce n'était pas l'année ou jamais. C'était une belle occasion, oui, mais il a encore du chemin à parcourir", a-t-il nuancé.
Cette deuxième place reste malgré tout le meilleur classement de la carrière de Kylian Mbappé, 27 ans, dans la course au Ballon d'or. Avant 2026, l'attaquant avait terminé 7e en 2017, 4e en 2018, 6e en 2019, 9e en 2021, 6e en 2022, 3e en 2023, 6e en 2024 et 7e en 2025 — une progression en dents de scie qui illustre, encore selon Papin, une carrière individuelle exceptionnelle mais jamais totalement récompensée par le jury du Ballon d'or.