Thomas Tuchel a dévoilé ce vendredi sa liste de joueurs pour les prochains rendez-vous de Ligue des Nations de l'Angleterre, face à la Croatie puis à l'Espagne. Une annonce marquée par un double événement familial : la grande première de Jobe Bellingham chez les Three Lions, et des confidences inédites du sélectionneur allemand sur sa relation avec son frère aîné, Jude, star du Real Madrid.
Milieu de terrain de Borussia Dortmund, Jobe Bellingham découvre pour la toute première fois le groupe sénior anglais. À 20 ans, il rejoint ainsi Jude, de trois ans son aîné, et offre à la famille Bellingham une scène rare : voir ses deux fils réunis sous le même maillot national. Dans la liste communiquée par la fédération anglaise, le jeune milieu figure aux côtés de Declan Rice, Morgan Rogers ou encore Harry Kane, tandis que Cole Palmer, Phil Foden et Kobbie Mainoo en sont absents.
Interrogé sur l'évolution de ses rapports avec Jude depuis sa prise de fonction à la tête de l'Angleterre, Tuchel n'a pas éludé la question et a reconnu une période loin d'être toujours simple. « C'était une relation un peu en dents de scie, bien sûr, mais nous sommes dans une bonne période », a-t-il admis, avant d'insister sur l'estime qu'il porte désormais à son cadre offensif.
« J'adore être son entraîneur. C'est un joueur de classe mondiale, qui a une énorme influence », a poursuivi le technicien allemand, balayant tout malentendu persistant avec le champion du monde madrilène. Une mise au point qui intervient alors que Jude Bellingham traverse une forme étincelante en club : l'international anglais était encore décisif récemment avec le Real Madrid, auteur d'un but lors de la démonstration madrilène face à Santander (3-0).
Tuchel a également levé le voile sur les coulisses de la première convocation de Jobe, révélant que l'initiative venait en grande partie... de Jude lui-même. Le sélectionneur raconte que son numéro 10 n'a cessé de vanter les mérites de son petit frère ces derniers mois, allant jusqu'à le solliciter directement pour qu'il lui donne sa chance. « Jude me disait toujours : "Regarde-le, regarde-le, il est bon, il peut y arriver" », a confié Tuchel, visiblement touché par cette insistance fraternelle.
Une sollicitation qui a fini par porter ses fruits : convaincu par la progression de Jobe à Dortmund cette saison, l'Allemand a tranché en faveur d'une première convocation, offrant aux deux frères la perspective de partager le même vestiaire, voire la même pelouse, lors du prochain rassemblement.
Au-delà de l'anecdote familiale, cette sortie de Tuchel vient surtout clore, au moins publiquement, un chapitre plus tendu entre le sélectionneur et son joueur le plus emblématique. Sans entrer dans le détail des épisodes de friction passés, l'Allemand a choisi d'afficher un optimisme prudent pour la suite de leur collaboration, à quelques mois d'échéances majeures pour une sélection anglaise qui veut confirmer son statut de prétendant après un Mondial 2026 où Jude Bellingham s'est imposé comme un cadre indiscutable.
« J'espère que nous en avons fini avec les périodes difficiles. Mais on ne sait jamais quand on est entraîneur ! », a conclu Tuchel dans un sourire, conscient que la gestion d'un vestiaire rempli de stars reste un exercice permanent, jamais définitivement acquis.
Reste désormais à savoir si Jobe Bellingham aura l'occasion de fouler la pelouse aux côtés de son frère dès ces deux premières échéances. L'Angleterre affronte la Croatie puis l'Espagne dans le cadre de cette trêve internationale de novembre, avec l'ambition de poursuivre sur sa lancée depuis la Coupe du monde. Pour les Bellingham, ce rassemblement a déjà, avant même le coup d'envoi, des airs d'histoire à part.