Le FC Barcelone s'en tire à bon compte. Accusé par l'Atlético Madrid d'avoir négocié dans son dos avec Julian Alvarez, le club catalan a écopé mardi d'une amende de la Fédération espagnole de football d'un montant qui prête à sourire : 602 euros, soit à peine plus que le prix d'un maillot floqué dans la boutique officielle du club.
Tout part d'une plainte des Colchoneros, qui reprochaient au Barça d'avoir pris contact avec l'entourage de leur attaquant argentin, sous contrat avec l'Atlético jusqu'en 2030, sans en avoir informé le club par écrit au préalable. Une obligation pourtant clairement inscrite à l'article 133 du règlement fédéral espagnol, censé encadrer les négociations entre clubs pour éviter précisément ce genre de manœuvre dans l'ombre.
Si la sanction financière fait sourire par sa modestie, l'épisode intervient après un été particulièrement tendu pour Julian Alvarez à l'Atlético. L'attaquant avait publiquement mis la pression sur ses dirigeants pour forcer un départ qui n'a finalement jamais abouti, s'attirant la colère d'une partie du Metropolitano. Il avait fini par présenter ses excuses à ses supporters fin octobre, après avoir inscrit un but décisif face au Deportivo La Corogne : "C'était une erreur, j'aurais été en colère moi aussi si j'avais été supporter."
Ce n'est pas la première fois que le Barça est pris la main dans le sac sur ce type de dossier. En 2019 déjà, le club présidé par Joan Laporta avait été condamné à régler 300 euros après une plainte similaire de l'Atlético, cette fois au sujet du transfert d'Antoine Griezmann, finalement bouclé à l'été suivant pour 120 millions d'euros.
De quoi relancer le débat sur le caractère réellement dissuasif de ce type de sanctions dans le football espagnol : à l'échelle des budgets mis en jeu sur le marché des transferts, une amende à quatre chiffres ressemble davantage à un simple rappel à l'ordre symbolique qu'à un véritable frein pour les grands clubs tentés de brûler les étapes.