Kylian Mbappé est au cœur d'une polémique inattendue et d'une rare intensité ce mardi, à peine un jour après avoir terminé deuxième du Ballon d'or 2026 derrière Harry Kane. En cause : une vidéo circulant en ligne depuis lundi soir, dans laquelle l'attaquant du Real Madrid évoque en souriant l'un des mèmes dont il fait régulièrement l'objet sur les réseaux sociaux — un montage photo superposant son visage à celui d'un homme qu'il présente comme "un dictateur chinois". Les observateurs ont rapidement identifié ce visage comme étant celui de Mao Zedong, fondateur de la République populaire de Chine et figure historique encore vénérée par une partie du pays.
La réaction n'a pas tardé. Dès mardi matin, deux poids lourds économiques chinois, le géant des boissons Dongpeng et le groupe laitier Mengniu, ont annoncé dans des communiqués quasi identiques la rupture immédiate de leur collaboration avec le capitaine de l'équipe de France. "Notre entreprise s'oppose fermement à tout comportement qui heurte les sentiments nationaux et applique une politique de tolérance zéro à cet égard", a justifié Dongpeng. Une troisième entreprise, le fabricant de fromages Milkground, leur a emboîté le pas dans la journée. Sur le réseau social chinois Weibo, le sujet est devenu le plus discuté du moment, certains internautes réclamant des poursuites judiciaires et des dédommagements.
L'affaire a ensuite pris une tournure encore plus sérieuse avec l'implication de médias d'État et, selon plusieurs relais, des autorités chinoises elles-mêmes. Le site spécialisé Dongqiudi a dénoncé des propos "offensants pour la Chine et le peuple chinois", tandis que la chaîne publique CCTV aurait décidé, selon le média d'État The Paper, de suspendre la diffusion de tous les matchs de Liga impliquant Mbappé ainsi que les publicités le mettant en scène — une information que l'AFP n'a pas pu confirmer de façon indépendante à ce stade.
Face à l'ampleur prise par la polémique, Kylian Mbappé a choisi de réagir publiquement dès la mi-journée, via un communiqué transmis à la presse. "Lors d'une récente interview, j'ai réagi à une image de moi me mettant en scène. Ce propos était maladroit et je comprends aujourd'hui qu'il a blessé de nombreuses personnes en Chine et au sein de la communauté chinoise à travers le monde", a-t-il écrit, avant d'ajouter : "Je présente mes excuses à toutes celles et ceux que mes mots ont heurtés. Ce n'était absolument pas mon intention. J'ai un profond respect pour le peuple chinois et son histoire, et je suis sincèrement désolé."
La Liga elle-même s'est associée aux excuses, dans un communiqué où l'instance espagnole affirme "déplorer profondément l'offense que les récents commentaires de Kylian Mbappé ont causée parmi les supporters chinois" et présente ses excuses "au nom de La Liga et de tous ses clubs". Un geste qui illustre le poids économique du marché chinois pour le football européen, et la rapidité avec laquelle une plaisanterie mal interprétée peut se transformer en incident diplomatique feutré pour une marque aussi exposée que celle de Mbappé.
Reste à savoir si ces excuses suffiront à éteindre l'incendie. Pour l'heure, aucune des trois entreprises n'est revenue sur sa décision de rupture, et la question d'une éventuelle suspension prolongée de la diffusion de ses matchs sur le sol chinois — marché crucial pour l'exposition et les revenus publicitaires du joueur — reste en suspens.