Derrière l'un des plus gros incidents diplomatico-sportifs de l'année se cache un anonyme de 25 ans qui ne s'attendait à rien de tel. Younes Khelifi, créateur de contenus connu sous le pseudonyme "frenchaicovers" sur X, est à l'origine du montage comparant Kylian Mbappé à Mao Zedong qui a mis le feu aux poudres entre l'attaquant du Real Madrid et la Chine. Interrogé par So Foot, il revient en détail sur des dernières 48 heures qui ont basculé sa vie bien malgré lui.
Tout est parti d'un post publié sur son compte en août 2023, resté relativement confidentiel jusqu'à ce que Kylian Mbappé le découvre et réagisse en qualifiant l'ancien dirigeant chinois de "dictateur" lors d'une story devenue virale. En quelques heures, trois marques chinoises (Dongpeng, Mengniu, Milkground) ont rompu leur partenariat avec le Français, la diffusion de ses matchs de Liga a été suspendue par la télévision chinoise, et le dossier a fini par remonter jusqu'aux excuses officielles du joueur, puis du Real Madrid et de la Liga elle-même.
Younes Khelifi a découvert l'ampleur de la polémique en consultant son téléphone au réveil, mardi matin. "Je me lève et je vois que je suis à l'origine d'un incident diplomatique", écrit-il alors sur son compte X, encore sous le choc. Dans son entretien à So Foot, il résume sobrement la situation : "Quand je vois que ça finit au JT de 20h, que ça impacte les droits de diffusion de la Liga, c'est fou."
Le jeune homme confie avoir rapidement pensé aux conséquences possibles pour lui-même, y compris sur le plan juridique. "Honnêtement, quand j'ai vu ça je me suis demandé s'il pouvait m'arriver quelque chose au niveau juridique derrière. Est-ce que le clan Mbappé allait me poursuivre en justice et me demander un dédommagement ?", s'interroge-t-il, avant d'ajouter en riant avoir réagi sur le moment avec une pointe d'autodérision : s'il devait être attaqué en justice, il se dit "à terre financièrement". Il assure toutefois s'être renseigné depuis et ne plus trop s'inquiéter sur ce plan.
Signe de l'ampleur inédite prise par l'affaire, Younes Khelifi a même sérieusement envisagé de contacter l'ambassade de France en Chine pour s'assurer que tout était en règle de son côté. "Je voudrais vraiment aller en Chine prochainement. Je me suis demandé sérieusement s'il ne fallait pas que je contacte l'ambassade [...] J'ai conscience que c'est une demande un peu spéciale, voire ridicule, mais je préfère être sûr", explique-t-il, conscient du caractère inhabituel de sa démarche.
Reste une dernière étape, sans doute la plus délicate pour le créateur de contenus : annoncer la nouvelle à ses proches. Si ses collègues de travail sont déjà au courant et le félicitent pour l'ampleur prise par sa publication, sa mère, elle, ignore encore tout de l'histoire. "Ma mère ne le sait pas encore. Au boulot, oui par contre. On me dit : 'C'est incroyable ce que t'as fait, ça prend des proportions de malade !' Je vais bientôt en parler à ma mère. Il faut que je lui passe un coup de fil, mais ce n'est pas simple à expliquer", conclut-il, dans un éclat de rire.