La victoire d'Everton face à Coventry (3-1), vendredi 6 novembre lors de la 11e journée de Premier League, aurait pu rester un simple résultat de plus dans la course aux places européennes des Toffees. Mais c'est la sortie enragée de Frank Lampard, au coup de sifflet final, qui a transformé cette rencontre en polémique arbitrale majeure de ce début de saison anglaise.
L'entraîneur de Coventry, dont l'équipe n'a jamais réussi à inquiéter durablement une formation d'Everton portée par un Thierno Barry des grands soirs (un doublé et une passe décisive), a pointé du doigt trois décisions arbitrales qui, selon lui, ont directement plombé les chances des Sky Blues de repartir du Merseyside avec au moins un point.
Premier épisode contesté : un tirage de cheveux signé James Tarkowski sur Caleb Yirenkyi, dans la surface de réparation d'Everton, jamais sifflé malgré une intervention de l'assistance vidéo. Deuxième scène litigieuse, quelques minutes plus tard : une intervention jugée dangereuse de Vitalii Mykolenko sur Taiwo Awoniyi, à la limite de la surface, également passée au crible de la VAR sans donner lieu à un penalty. Troisième point de crispation, et non des moindres : le deuxième but des Toffees, inscrit par Thierno Barry, est fortement soupçonné d'avoir été marqué de la main.
Trois situations, donc, toutes vérifiées par l'arbitrage vidéo au cours du match, sans qu'aucune ne soit finalement corrigée sur le terrain — de quoi faire sortir Frank Lampard de ses gonds en zone mixte. « La VAR n'a pas fait son travail aujourd'hui. Elle a joué contre nous », a lâché l'entraîneur anglais, visiblement encore à chaud après la rencontre.
L'ancien international anglais n'en est pas resté là, insistant longuement sur l'impact de ces décisions dans l'économie du match. « Quand des décisions importantes changent le cours d'un match, elles ont forcément un impact. C'est décevant. La VAR est là pour ça et elle n'a pas fait son travail », a-t-il martelé, visiblement convaincu que le scénario de la rencontre aurait pu être tout autre avec un arbitrage plus strict sur ces trois phases.
Lampard n'est pas resté seul à dénoncer l'arbitrage de cette rencontre. Consultant pour Sky Sports, Jamie Redknapp a lui aussi estimé qu'Everton avait bénéficié de décisions clémentes. « Celle sur Yirenkyi aurait dû être un penalty, celle sur Awoniyi aussi. La VAR a écarté cette dernière beaucoup trop rapidement, car son pied est clairement sur la ligne », a-t-il analysé, confirmant publiquement l'essentiel du réquisitoire de l'entraîneur de Coventry.
Sur le terrain, pourtant, la prestation de Thierno Barry aura surtout été celle d'un attaquant en pleine confiance : l'attaquant français avait ouvert la marque pour Everton après l'égalisation initiale de Gboho (52e), avant de doubler la mise puis de délivrer une passe décisive pour Dewsbury-Hall en fin de rencontre (81e). De quoi porter son total à dix buts en treize matchs cette saison, même si cette performance se retrouve désormais ternie par le doute entourant son second but.
Au classement, cette victoire permet à Everton de grimper à la 5e place de Premier League avec 16 points, confirmant le bon début de saison des Toffees sur Merseyside. Pour Coventry, cette défaite laisse surtout un goût amer : celui d'avoir manqué de peu un résultat qui aurait pu changer la physionomie de son début de saison, sur fond de décisions arbitrales qui continueront sans doute à alimenter le débat dans les prochains jours.
Reste à savoir si la Professional Game Match Officials Limited (PGMOL), l'organisme qui supervise l'arbitrage en Angleterre, réagira publiquement à ces trois situations comme elle l'a déjà fait par le passé pour d'autres polémiques similaires. En attendant, Frank Lampard aura eu l'occasion de rappeler, une fois de plus, que la VAR reste l'un des sujets les plus sensibles du football anglais contemporain.