Parmi les nombreuses réactions suscitées par le sacre d'Harry Kane au Ballon d'Or 2026, celle d'Hugo Lloris possède une saveur particulière. L'ancien gardien et capitaine de l'équipe de France a côtoyé l'attaquant anglais pendant dix ans à Tottenham, entre 2013 et 2023, avant de rejoindre la Major League Soccer sous les couleurs du Los Angeles FC. Interrogé par L'Équipe, il n'a pas caché sa joie de voir son ancien coéquipier triompher.
"Je suis content pour lui. C'est génial de voir un ancien coéquipier être Ballon d'or, chez lui, à Londres", a confié le gardien de 39 ans. Kane, troisième de la dernière Coupe du monde avec l'Angleterre, avait devancé lundi soir Kylian Mbappé, Lamine Yamal, Rodri, Lionel Messi et Khvicha Kvaratskhelia pour décrocher la plus prestigieuse récompense individuelle du football mondial.
Lloris, qui a pu observer l'évolution du joueur de près pendant une décennie, insiste sur la progression technique et tactique de l'attaquant du Bayern Munich : "Il a une palette incroyablement complète, qu'il a développée année après année. Aujourd'hui, il sait tout faire, les passes courtes, les passes longues, il tacle, revient défendre, et il est sûrement le meilleur joueur dans la surface."
Au-delà des qualités sportives, c'est surtout l'attitude de Kane que l'ancien international français tient à souligner. Connu pour sa discrétion médiatique, le meilleur buteur de l'histoire des Three Lions n'a mené aucune campagne de communication pour obtenir le trophée. "Il ne cherche pas la lumière", observe Lloris, lui-même réputé pour sa réserve naturelle. "Il doit ce Ballon d'or à son professionnalisme et son humilité. C'est un exemple dans notre sport."
L'ancien capitaine des Bleus va plus loin en replaçant ce sacre dans une tendance qu'il observe depuis quelques années au sommet du football mondial : "Déjà, le Ballon d'or d'Ousmane Dembélé avait récompensé un joueur tourné vers le collectif, comme pour Karim Benzema, en 2022. Harry n'est pas uniquement une machine à marquer." Une manière de saluer une évolution des critères de récompense, de plus en plus tournés vers l'impact collectif plutôt que la seule statistique individuelle.