Trois mois après la finale du Mondial 2026 perdue face à l'Espagne (1-0 après prolongation), Emiliano "Dibu" Martinez n'a rien perdu de son franc-parler. Dans une interview accordée vendredi à la chaîne YouTube du journaliste argentin Gaston Edul, le gardien de 34 ans est revenu sans détour sur cette désillusion, tout en envoyant au passage une pique inattendue à la Roja — et un compliment tout aussi inattendu à l'équipe de France.
"On a perdu, c'est tout, il n'y a pas d'excuse. Ils nous ont battus à la loyale", concède d'abord Martinez à propos de l'Espagne, avant de nuancer aussitôt : "Mais avec les tirs au but, on aurait gagné. J'étais absolument certain que c'était mon jour, avec cette sensation que le ballon n'allait pas rentrer." Une manière de rappeler son statut de spécialiste des séances de penalties, déjà décisif contre les Pays-Bas et la France lors du sacre mondial de 2022 au Qatar.
C'est justement en évoquant cette finale 2022, remportée aux tirs au but face aux Bleus, que le propos de Dibu Martinez prend un tour plus piquant pour les Espagnols. "En tant qu'équipe, c'est la France qui m'inspirait le plus de respect en 2022, parce qu'ils avaient été champions du monde et qu'ils avaient plus d'expérience. Je leur portais davantage de respect", explique-t-il. Avant d'ajouter, concernant l'adversaire du jour : "Là, je savais que l'Espagne était très forte, mais aujourd'hui, si on les affronte à nouveau, on les bat."
Une affirmation tranchée, venant du propre bourreau des Français en 2022, qui replace implicitement la génération espagnole championne du monde 2026 un cran en dessous de la France de l'époque dans l'esprit du gardien argentin — tout en assumant pleinement la défaite concédée face à elle cette année.
Interrogé également sur les théories du complot qui ont entouré l'Albiceleste tout au long du tournoi, Emiliano Martinez, aujourd'hui à Chelsea après son départ d'Aston Villa cet été et en convalescence d'une fracture à la mâchoire, a balayé ces rumeurs d'un trait d'humour : "Les théories du complot me font rire. De nos jours, les gens croient tout ce qu'ils lisent sur les réseaux sociaux. Qui a envie de perdre une finale de Coupe du monde ?"
De quoi relancer, à sa manière, le débat sur la hiérarchie entre les grandes nations du football de ces dernières années — Argentine, France et Espagne — à quelques mois d'un nouveau cycle international.