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Manchester United renverse l'AS Rome : la folle remontada de Cunha met fin à la crise

Manchester United renverse l'AS Rome : la folle remontada de Cunha met fin à la crise

Mené 0-2 à la pause et sous les huées de son propre public, Manchester United a signé l'une des remontadas les plus folles de sa saison, mardi soir à Old Trafford, en renversant l'AS Rome (3-2) en Ligue des champions. Une victoire inespérée qui met fin à une série de neuf matchs sans succès, toutes compétitions confondues, et qui offre un sursis à l'entraîneur Michael Carrick, au moins à court terme.

Le scénario avait pourtant tout du cauchemar. Dès la 11e minute, Matias Soulé profitait d'un énorme trou défensif côté gauche, là où aurait dû se trouver Diogo Dalot, pour contrôler tranquillement et ajuster le gardien anglais (0-1). Cinq minutes plus tard, même faille, même punition : le jeune Ayden Heaven concédait un penalty du bras, que Donyell Malen transformait d'un contre-pied parfait (18e, 0-2) — son 12e but de la saison en seulement 13 matchs.

La tension autour du club s'est alors invitée sur la pelouse. Avant le coup d'envoi déjà, les supporters avaient déployé des ballons jaune et vert, couleurs historiques du club et symbole du mouvement anti-Glazer. À 0-2, des boulettes de papier ont atterri sur le terrain pour ralentir la reprise du jeu, puis la mi-temps a été accueillie par des huées sonores dans un Old Trafford rarement aussi hostile envers son équipe.

Le vent a pourtant tourné en seconde période. Trente secondes après la reprise, Carlos Baleba était victime d'une blessure musculaire devant le but italien — un arrêt de jeu qui, paradoxalement, semble avoir rallumé la flamme chez des Red Devils devenus soudain plus agressifs dans les duels et plus dangereux offensivement. L'armada rouge a ensuite buté à plusieurs reprises sur le gardien Devis Vasquez et sur ses propres poteaux, avant de trouver la faille.

Le déclic est venu d'un penalty contesté, que Bruno Fernandes a d'abord manqué avant d'obtenir le droit de le retirer — les Italiens étant entrés dans la surface trop tôt. Le capitaine n'a pas tremblé la seconde fois et a réduit l'écart (58e, 1-2), relançant définitivement un Old Trafford en pleine ébullition.

La fin de match a ensuite appartenu à un seul homme : Matheus Cunha. L'attaquant brésilien a d'abord égalisé en exploitant avec sang-froid un ballon manqué par le défenseur romain Leonardo Balerdi (83e, 2-2), avant d'enchaîner trois minutes plus tard avec une véritable mine du gauche qui a trouvé la lucarne des filets de Vasquez (86e, 3-2). Fou de joie, Cunha a retiré son maillot et plongé torse nu devant ses supporters — une célébration qui lui a valu un avertissement, suivi d'un second carton jaune et d'une expulsion quelques secondes plus tard pour un tacle trop engagé.

Même réduit à dix dans le temps additionnel, Manchester United n'a jamais tremblé et a validé une victoire qui restera comme l'un des symboles de sa saison chaotique. Les Red Devils mettent fin à neuf matchs sans la moindre victoire toutes compétitions confondues, leur pire disette depuis les années 1980, qui avait vu le club s'enfoncer en Premier League comme en Ligue des champions.

Après le coup de sifflet final, Bruno Fernandes s'en est pris aux "spéculations" et aux "mensonges" qui ont entouré ces dernières semaines sa relation supposément tendue avec Michael Carrick. Questionné devant les caméras d'Amazon Prime sur le fait de savoir si cette victoire pouvait "sauver" son entraîneur, le capitaine portugais s'est montré agacé : "Le club avait besoin de cette victoire, les joueurs avaient besoin de cette victoire. Nous avons travaillé extrêmement dur pour sortir tous ensemble de cette situation."

Fernandes, écarté du onze de départ lors du match précédent après avoir critiqué publiquement les choix tactiques de son entraîneur au lendemain de la défaite 4-1 à Côme, a tenu à clarifier la situation : "Il y a eu beaucoup de spéculations dans les médias, beaucoup de mensonges, notamment concernant ma relation avec l'entraîneur. On a raconté que nous avions mis les choses à plat, alors que rien de tout cela ne s'est produit. L'entraîneur a pris la décision de me laisser sur le banc parce que je n'étais pas performant, et c'est tout à fait normal."

Le milieu offensif a conclu sur une note sans ambiguïté quant à sa loyauté envers son staff : "Cela ne change absolument rien à la confiance que j'ai en l'entraîneur, dans son staff et en chacun des joueurs de ce club. Et cela ne change absolument rien à mon objectif : gagner chaque match qui se présente à moi."

Pour Michael Carrick, sous pression croissante depuis plusieurs semaines et cité parmi les entraîneurs sur la sellette aux côtés de Régis Le Bris à Sunderland, cette victoire arrachée dans la douleur offre un répit bienvenu avant un calendrier qui reste chargé. Reste à savoir si ce sursaut d'orgueil, porté par un Matheus Cunha des grands soirs malgré son expulsion, marque un vrai tournant dans la saison mancunienne ou seulement une parenthèse dans une crise plus profonde.

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