Il y a des blessures que le temps ne referme jamais vraiment. Ce mardi soir (21h, Camp Nou), Unai Emery retrouve le FC Barcelone en Ligue des champions pour la première fois depuis qu'il était sur le banc du Paris Saint-Germain, un certain 8 mars 2017. Ce soir-là, les Catalans avaient renversé un 4-0 concédé à l'aller pour s'imposer 6-1 au retour et valider l'une des qualifications les plus folles de l'histoire de la compétition, restée dans les mémoires sous le nom de "remontada".
Près de dix ans après, le souvenir reste vif pour l'entraîneur espagnol, aujourd'hui sur le banc d'Aston Villa. En conférence de presse à la veille du match, Emery a reconnu sans détour que cette soirée l'avait profondément marqué : "Il s'est passé beaucoup de choses lors de cette soirée-là. Nous le savons tous. Lors de cette rencontre, j'ai énormément appris. D'une part sur le plan sportif, et d'autre part sur le plan extra-sportif."
Cette remontada reste associée à une polémique arbitrale qui n'a jamais vraiment été digérée côté parisien. L'arbitrage de l'Allemand Deniz Aytekin avait été vivement critiqué après la rencontre, au point que la direction du PSG avait transmis à l'UEFA une vidéo de huit minutes, réalisée avec des spécialistes et d'anciens arbitres, recensant quinze faits de jeu contestés — dont une main de Javier Mascherano dans la surface et un penalty accordé après une glissade de Thomas Meunier. Un outil qui n'existait pas encore à l'époque aurait pu, selon Emery lui-même, changer la donne : "La VAR aurait été indispensable", a-t-il estimé, rappelant qu'elle n'a été généralisée dans les compétitions internationales que la saison suivante.
Un bilan très défavorable face aux Blaugranas
Au-delà du symbole de cette date précise, c'est toute la carrière d'Unai Emery face au FC Barcelone qui reste compliquée. Depuis ses débuts sur un banc de touche, le technicien espagnol a affronté 30 fois les Blaugranas pour un bilan famélique : seulement trois victoires, six nuls et pas moins de 21 défaites. Des statistiques qui donnent à ce déplacement au Camp Nou des allures de match à part, bien au-delà du simple enjeu comptable de la phase de ligue.
Et justement, sur le plan comptable, la dynamique est clairement favorable à l'entraîneur basque ce mardi. Son Aston Villa réalise un début de campagne européenne quasiment parfait, avec 9 points pris en trois journées (victoires contre Bruges 3-2, Fenerbahçe 6-0 et le Viking 3-1), synonyme de corévélation en tête du classement de la phase de ligue aux côtés du Paris Saint-Germain. Les Villans restent sur une série de six matchs sans défaite toutes compétitions confondues, portée notamment par un doublé de Ross Barkley et un but contre son camp lors de leur dernier succès contre les Norvégiens du Viking.
Un Barça fragilisé après sa première défaite de la saison
En face, le FC Barcelone aborde ce rendez-vous dans un tout autre état d'esprit. Les Catalans, qui enchaînaient les victoires depuis le début de la saison (douze succès consécutifs toutes compétitions confondues), ont subi un coup d'arrêt brutal face au Paris Saint-Germain, s'inclinant 4-2 malgré les réalisations de Xavi Espart et Lamine Yamal. Une défaite qui a fait réagir la presse espagnole, Mundo Deportivo estimant notamment que "le Barça a été clairement dominé par les doubles tenants du titre de la Ligue des champions" et qu'il "devait encore progresser pour prétendre au titre continental suprême".
Cette première déconvenue européenne de la saison place donc le Barça devant un test de caractère face à des Villans en pleine confiance. Avec 6 points au compteur après trois journées, les Catalans n'ont pas droit à l'erreur s'ils veulent continuer de viser le haut du classement de la phase de ligue, où le ticket pour les huitièmes de finale directs se joue traditionnellement dans le top 8.
Le théâtre idéal d'une revanche
Difficile d'imaginer un décor plus symbolique pour Unai Emery que celui du Camp Nou pour tenter d'inverser enfin une tendance historique qui lui échappe depuis des années. Si une victoire d'Aston Villa ce soir ne suffira évidemment pas à effacer le traumatisme de 2017, elle offrirait à l'entraîneur espagnol une revanche personnelle particulièrement savoureuse, neuf ans presque jour pour jour après avoir vécu l'un des pires scénarios de sa carrière sur un banc de Ligue des champions.
Le coup d'envoi de cette affiche entre le FC Barcelone et Aston Villa sera donné à 21h ce mardi au Camp Nou, pour le compte de la 4e journée de la phase de ligue de la Ligue des champions. Un match à suivre avec une attention particulière pour voir si l'histoire, cette fois, tournera enfin en faveur d'Unai Emery.