Il est loin le temps où Trent Alexander-Arnold incarnait l'excellence et la modernité au poste de latéral droit. Débarqué au Real Madrid auréolé de son statut de star de Liverpool, l'international anglais a vu sa cote dégringoler ces dernières semaines, au point de se retrouver aujourd'hui troisième choix à son propre poste, derrière Denzel Dumfries et, plus surprenant encore, Federico Valverde.
Le signal est venu de la sélection anglaise elle-même. Pour affronter l'Espagne au début de la longue trêve internationale de fin septembre, alors qu'Alexander-Arnold était le seul arrière droit de métier disponible dans la liste de Thomas Tuchel (Reece James, Ben White, Djed Spence et Tino Livramento étant tous forfaits), c'est finalement Jarell Quansah, défenseur central du Bayer Leverkusen, qui lui a été préféré. Un choix fort qui en disait long sur la confiance du sélectionneur.
En club, la situation n'est guère plus enviable. Il a suffi d'une prestation XXL de Federico Valverde à ce poste pour convaincre José Mourinho de l'y maintenir, malgré la présence dans l'effectif à la fois d'Alexander-Arnold et de Dumfries. Face au FC Séville, une semaine avant le Clasico, l'Uruguayen, titularisé pour la première fois cette saison sur le flanc droit de la défense, a été l'homme avec le plus de duels remportés de son équipe (5), tout en affichant 90% de passes réussies.
"J'avais le sentiment que derrière Endrick, un gaucher qui repique dans l'axe, quasiment un deuxième attaquant… je pensais qu'un latéral droit capable de courses offensives, avec l'endurance nécessaire pour se projeter vers l'avant et de la qualité, serait un atout précieux", s'est expliqué Mourinho après la démonstration contre Séville (4-1). Suffisamment convaincu par son Uruguayen pour en plaisanter ensuite : "Si nous avions quatre Fede Valverde, l'un jouerait latéral, un autre au milieu, un autre sur l'aile droite, un autre en numéro dix..."
Pour "TAA", la pilule est d'autant plus dure à avaler qu'il incarnait, du temps de ses belles années à Liverpool, exactement le profil de latéral moderne que Valverde semble désormais endosser à sa place. Aux dernières nouvelles, l'Anglais est condamné à se contenter de maigres temps de jeu pour dépanner, comme ce fut le cas contre Villarreal en Liga. Reste à savoir s'il parviendra à inverser la tendance avant que sa situation ne devienne irréversible.