À quelques heures de l'annonce de la deuxième liste de Zinédine Zidane en équipe de France, prévue ce vendredi à 18h, c'est pourtant le nom de son prédécesseur qui a fait une apparition remarquée dans la presse anglaise. Selon le Daily Mirror, Didier Deschamps aurait été approché par Manchester United pour prendre la succession de Michael Carrick, dont le poste est sur la sellette depuis plusieurs semaines.
La situation sportive des Red Devils explique cette nervosité des dirigeants mancuniens. Carrick s'est offert un répit mercredi avec la victoire renversante de son équipe face à l'AS Rome (3-2) en Ligue des champions, mais le tableau reste préoccupant en championnat : Manchester United pointe à une inquiétante 17e place de Premier League, au cœur d'une série de sept matchs sans victoire (4 nuls, 3 défaites), avec une seule victoire en neuf journées de championnat.
Dans ce contexte de crise, les dirigeants mancuniens continueraient d'explorer plusieurs pistes en coulisses pour préparer, le cas échéant, l'après-Carrick. Et selon le tabloïd britannique, Didier Deschamps aurait été perçu comme "le profil idéal" pour relancer le géant anglais. Son expérience et son palmarès (champion du monde 2018, finaliste 2022) auraient particulièrement séduit les décideurs du club, tout comme sa disponibilité immédiate et, argument non négligeable pour les finances mancuniennes, "sans frais" puisqu'il est libre de tout contrat depuis l'été dernier.
Mais cette approche, si elle a bien eu lieu, se serait heurtée à une fin de non-recevoir. Toujours selon le Daily Mirror, "DD" aurait expliqué qu'il n'était tout simplement pas intéressé par un retour immédiat sur un banc de touche, quel qu'il soit. Son nom a pourtant également circulé récemment du côté de la Juventus, son ancien club en tant que joueur, où l'Italien Luciano Spalletti traverse une période délicate.
Depuis la fin de son aventure avec les Bleus, achevée sur une frustrante quatrième place à la Coupe du monde 2026 après quatorze années passées sur le banc, Didier Deschamps a clairement affiché sa volonté de prendre le temps de la réflexion plutôt que de se précipiter sur n'importe quel projet. Il a notamment décliné une offre jugée pourtant très lucrative du club saoudien d'Al-Ahli, qui lui proposait un contrat de trois ans assorti d'un salaire se chiffrant en plusieurs millions d'euros.
Interrogé en juin dernier par Ouest-France sur son avenir, le technicien de 58 ans n'avait pas fermé la porte à une reprise, tout en refusant de se fixer une échéance précise. "Je ne sais pas, avait-il confié. Je n'ai pas pris de décision pour l'après. Je sais que ce sera différent et que l'équipe de France va me manquer. Je ne m'interdis rien. Quand on est sélectionneur, il y a des périodes de coupure, notamment après les grandes compétitions. Mais comme je suis en pleine forme et que je récupère vite... En tout cas, je suis un privilégié car j'ai la chance de pouvoir choisir."
L'épisode Manchester United, qu'il soit confirmé ou non dans son intégralité, confirme en tout cas une chose : la cote de Deschamps reste intacte sur le marché européen des entraîneurs, plus d'un an après son départ du banc des Bleus. De quoi alimenter les spéculations à chaque poste vacant chez un cador du continent, sans que l'intéressé semble pressé d'y répondre favorablement.
Reste que cette rumeur tombe à un moment particulier pour le football français, à la veille d'une liste de Zidane scrutée de près après les débuts contrastés du nouveau sélectionneur. Deschamps, de son côté, continue d'observer à distance, fidèle à la posture qu'il avait annoncée dès son départ : ne rien s'interdire, mais ne rien précipiter non plus.