C'est désormais officiel : Paulo Fonseca ne sera plus l'entraîneur de l'Olympique Lyonnais. Le technicien portugais a confirmé ce lundi matin à l'ensemble de son groupe sa décision de quitter le club rhodanien, mettant fin à près de deux ans d'un mandat commencé fin janvier 2025. L'annonce tombe au lendemain même de la victoire lyonnaise contre Angers (2-0) en Ligue 1, un contexte qui rend ce départ d'autant plus inattendu pour le vestiaire.
La scène de dimanche résumait pourtant tout l'attachement que Fonseca avait fini par créer à Lyon. Après le but du break inscrit par son capitaine Corentin Tolisso, l'entraîneur avait fondu en larmes lorsque son joueur était venu l'enlacer sur la pelouse du Groupama Stadium. En zone mixte, Tolisso n'avait pas caché son souhait : "J'ai envie qu'il reste." Fonseca, de son côté, s'était montré évasif sur son avenir, évoquant simplement une "possibilité" de départ sans trancher publiquement.
Moins de 24 heures plus tard, le suspense a pris fin. Fonseca va prendre la direction du Sporting Portugal, présenté comme son club de cœur. Les discussions entre les trois parties - le technicien, la direction sportive du Sporting et celle de l'OL - duraient depuis plusieurs jours selon la presse, les trois camps s'étant montrés ouverts à une séparation rapide.
Sur le plan sportif, l'intérim est déjà assuré. C'est Jorge Maciel, adjoint portugais de Fonseca depuis l'été 2024, qui a dirigé l'entraînement du groupe lyonnais ce lundi. Maciel connaît déjà ce rôle de transition : il avait assuré l'intérim entre le départ de Pierre Sage et l'arrivée de Fonseca, à une époque où il faisait déjà partie du staff lyonnais.
Pour la succession à plus long terme, un nom circule avec insistance : celui de Carlos Vicens. L'entraîneur espagnol, ancien adjoint de Pep Guardiola à Manchester City, apparaît en pole position pour reprendre les rênes de l'équipe. Il a été récemment remercié par le FC Braga, où son passage n'avait pas convaincu, mais son passif auprès de Guardiola séduit en interne à Lyon.
Le calendrier ne laisse cependant aucun répit à l'OL pour gérer cette transition. Les Gones doivent se déplacer dès jeudi (21h) en Espagne pour affronter la Real Sociedad, dans le cadre de la phase régulière de Ligue Europa, une compétition où Lyon a déjà engrangé six points lors de ses trois premiers matchs. Le calendrier s'enchaîne ensuite avec un déplacement à Brest dimanche, en Ligue 1, avant la trêve internationale.
Sur le plan comptable, le bilan de Fonseca à la tête de l'OL restera positif. Arrivé dans un club alors en pleine tourmente institutionnelle et sous la menace d'une rétrogradation administrative, le Portugais a stabilisé l'équipe et l'a hissée à la 3e place de Ligue 1 après neuf journées disputées cette saison, un classement qui illustre la progression du collectif lyonnais sous sa direction.
Le départ de Fonseca représente aussi un enjeu financier pour l'OL, englué depuis plusieurs saisons dans une situation budgétaire scrutée par la DNCG. Le salaire de l'entraîneur, évoqué entre 350 000 et 400 000 euros mensuels par plusieurs médias, pesait lourdement sur la masse salariale du club, qui n'avait jamais trouvé d'accord avec son technicien pour une prolongation au-delà de son contrat courant jusqu'en 2027.
Dans les coulisses, la nouvelle a suscité des réactions contrastées chez les observateurs du club. Plusieurs consultants s'interrogent sur la cohérence sportive d'un tel choix en pleine dynamique positive, pendant que d'autres soulignent l'opportunité financière que représente ce départ pour des finances lyonnaises sous surveillance.
Reste à savoir qui, de Jorge Maciel à titre intérimaire ou de Carlos Vicens en cas d'officialisation rapide, sera sur le banc rhodanien jeudi soir à Saint-Sébastien. L'OL devra en tout cas digérer ce bouleversement sur le banc sans perdre le fil d'une saison jusqu'ici solide, à la fois en championnat et sur la scène européenne.